Une nuit de deux ans pour les dinosaures

Vue d'artiste de l'impact d'un astéroïde de 10km de diamètre avec la Terre, il y a 65 millions d'années. © DR
L'impact planétaire survenu il y a 65 millions d'années, à l’origine de la disparition des dinosaures, aurait provoqué des incendies gigantesques et un obscurcissement durable du ciel.

L'histoire est désormais bien connue : il y a 65 millions d'années, un astéroïde de 10 km de diamètre a percuté la Terre dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, créant un cataclysme planétaire et provoquant une extinction massive d’espèces, dont les dinosaures.

Écran total de suie

En plus des tremblements de terre, éruptions et autres tsunamis, l'impact a engendré des incendies colossaux. Véritables tempêtes de feu, elles ont carbonisé les surfaces et envoyé dans l'atmosphère 15 millions de tonnes de suie, faisant écran à la lumière du Soleil.

Aujourd'hui, l'équipe du Centre national américain pour la recherche atmosphérique, soutenu par la Nasa et l'université de Boulder (Colorado), tente de préciser le scénario du chaos. De nouvelles simulations numériques montrent que l'écran de suie a pu provoquer l'obscurité (comparable à la nuit éclairée par la Lune) durant deux années entières. Ainsi les trois quarts des espèces terrestres ont péri. Les espèces animales rescapées ont subsisté en trouvant leur nourriture sous la Terre. Quant aux plantes, seules celles qui nécessitaient peu de lumière ont survécu.

Arrêt brutal de la photosynthèse

En conséquence, la température des continents aurait baissé de 28°C, et celle des océans, de 11°C. Tout processus de photosynthèse aurait cessé. Les plantes terrestres ayant déjà été carbonisées par les incendies, la baisse drastique de luminosité a surtout eu un impact sur le plancton et donc sur l'ensemble de la chaîne alimentaire océanique.

En absorbant la lumière du Soleil, la suie a fait dramatiquement grimper la température de la stratosphère, ce qui a conduit à la destruction d'une grande partie de la couche d'ozone, ce bouclier anti-UV.

Retour du Soleil en quelques mois

L'étude montre également que l'écran a disparu aussi brutalement qu'il s'est installé : quand la stratosphère a commencé à se refroidir, la vapeur d'eau qu'elle contenait s’est condensée en particules de glace qui, en tombant, ont lavé l'atmosphère de toutes ses poussières en seulement quelques mois.

L'équipe prévient que le modèle utilisé est encore incomplet : il ne tient pas compte de la configuration différente des continents de l'époque, ni de l'impact des énormes éruptions volcaniques qui avaient lieu à l'époque et qui ont été aggravées par l'impact.

Ce travail est publié dans la revue PNAS.

 

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