L’ESA tente de faire bouger Philae

L'ESA tente le tout pour le tout dans l'espoir de contacter Philae, perdu sur la comète Churyumov-Gerasimenko. Crédit : ESA/Rosetta/NavCam

Alors que l'ultime période favorable pour communiquer avec le robot cométaire se referme le 20 janvier, l'ESA tente le tout pour le tout en lui ordonnant d'actionner sa roue à inertie.

Ce dispositif, utilisé pour stabiliser Philae lors de sa descente sur la comète Churyumov-Gerasimenko, le 12 novembre 2014, pourrait imprimer un mouvement au robot immobile. Mais un mouvement incontrôlé.

Une « manip dangereuse »

« Dans le meilleur des cas, cela pourrait secouer la poussière de ses panneaux solaires et permettre à Philae d'être mieux aligné avec le Soleil », explique Koen Geurts, de la DLR (l'agence spatiale allemande, responsable de la conception de Philae).

Lors de son atterrissage rocambolesque, le robot s'était en effet immobilisé dans une région et une position inattendues, de travers contre un mur, peu propices à une bonne exposition de ses panneaux solaires.

« Cette manip est dangereuse, car Philae pourrait tout aussi bien se retrouver dans une position pire qu'aujourd'hui, par exemple à l'envers, les pieds en l'air. Mais il faut la tenter car, à la fin du mois, Philae ne sera plus suffisamment éclairé pour conserver une température supérieure à -50°C. Alors, il ne pourra plus du tout fonctionner », prévient Philippe Gaudon, le chef de projet de la mission au Cnes.

Mais à vrai dire, Philae est peut-être déjà définitivement hors service. Et dans ce cas, il ne recevra même pas cette ultime commande.

Plus de signe de vie

« Le dernier signe de vie de Philae date de juin 2015. En novembre dernier, j'étais optimiste quant à une reprise des communications car nous étions dans la même configuration qu'à l'été 2014, notamment à la même distance du Soleil. Mais si nous n'avons rien entendu, c'est sans doute que Philae ne fonctionne plus », reprend l'ingénieur.

Les raisons d'être pessimistes sont, hélas, plus nombreuses que celles d'espérer. Depuis juin 2015, Chury est passée au plus près du Soleil (le 13 août) et la température dans Philae a sans doute dépassé les +50°C.

« Par ailleurs, la comète a alors connu sa période d'activité la plus intense. Beaucoup de poussière a dû se déposer sur les antennes et les panneaux solaires du robot, ce qui a sans doute réduit la portée de ses communications et l'énergie à bord », souligne Philippe Gaudon.

Dernière hypothèse : Philae pourrait déjà s'être retourné, à l'occasion des bouleversements de la surface de Chury lors du passage au périhélie.

« En ce moment, nous envoyons très régulièrement des commandes à Philae, dans l'espoir qu'il nous entende. Mais à partir du 20 janvier 2016, nous ne pourrons plus qu'écouter. »

Sans grand espoir.

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