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Une tempête observée sur une exoplanète

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Vue d'artiste du passage de la planète géante HD209458b devant l'étoile HD209458. Crédit : ESO/L. Calçada.

Des vents d'une violence inouïe rugissent sur la planète HD 209458b, à 150 années-lumière de la Terre. Des astronomes européens ont mesuré des vitesses de 50000 à 10 000 km/h dans l'atmosphère de cette exoplanète avec l'un des télescopes de 8,2 m du VLT, au Chili.

Un jour infernal et une nuit glaciale

D'une masse équivalant à 60% de celle de Jupiter, cette planète géante gravite autour de son étoile à une distance 20 fois plus courte que celle séparant la Terre du Soleil. Du coup, sa face diurne (exposée à l'étoile) est surchauffée, et sa moitié nocturne, plongée dans le froid.

Cette forte différence de température est à l'origine des vents rapides entre les deux hémisphères. « Sur la Terre, de grosses différences de température conduisent inévitablement à des vents violents. Nos mesures montrent que la situation est identique sur HD209458b », explique Simon Albrecht, de l'université de Leinden (Pays-Bas).

Une planète à éclipses

L'exoplanète HD 209458b, aussi appelée Osiris, est la première à avoir été découverte par la méthode des transits. Elle passe tous les 3,5 jours devant son étoile, ce qui permet de l'étudier régulièrement. Il est alors possible d'observer le comportement et la composition de son atmosphère.

En 2003, l'équipe française d'Alfred Vidal-Madjar, de l'IAP, a mis à profit cette situation pour détecter l'évaporation de son atmosphère avec le télescope spatial Hubble. Ci-dessous, une vue d'artiste :

Vue d'artiste du dégazage de Osiris. Crédit: European Space Agency, Alfred Vidal-Madjar (Institut d'Astrophysique de Paris, CNRS, France) and NASA.

Cette fois, c'est en examinant l'absorption de la lumière de l'étoile causée par le monoxyde de carbone que l'équipe internationale a pu détecter la vitesse des vents.

Le VLT avait déjà permis par cette méthode de détailler la composition chimique de l'atmosphère d'une autre exoplanète passant devant son étoile, le 13 janvier 2010.

Une méthode pour trouver la vie ?

Avec leurs données, les astronomes peuvent même aller plus loin, comme l'expose Ignas Snellen, de l'université de Leinden : « Il semblerait que HD209458b soit aussi riche en carbone que Jupiter et Saturne. Cela pourrait indiquer qu'elle s'est formée de la même façon. »

Il rêve même d'un futur excitant : « Les astronomes seront peut-être capables d'utiliser cette méthode d'observation pour étudier l'atmosphère de planètes semblables à la Terre, afin de déterminer si la vie existe ailleurs dans l'Univers.»

En bonus, le petit film ci-dessous montre HD209458d telle qu'elle a été imaginée, à défaut de pouvoir l'observer directement :




 
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