Un hypertélescope grandit dans une vallée des Alpes

Antoine Labeyrie pointe en direction du sommet de son hypertélescope. Crédit : David Fossé.

Dans un vallon perché des Alpes de Haute-Provence, l'astronome Antoine Labeyrie construit le prototype d'un instrument révolutionnaire. Là sont assembés les premiers éléments d'un télescope de 57 m de diamètre.

Nous publions ci-dessous le début de notre reportage au berceau d'un futur géant, publié dans le numéro de novembre de Ciel & Espace.

Hypertélescope ?

"Un hypertélescope, finalement, c'est une immense marionnette à fils." Tournevis à la main, au beau milieu des mélèzes, penché sur un télescope customisé par ses soins, l'astrophysicien Antoine Labeyrie résume la folle aventure dans laquelle il s'est lancé.

Devant lui, des poulies retiennent des câbles qui s'élancent jusqu'au torrent en contrebas. L'un d'eux, orange vif, remonte sur les falaises en face, où cavalent les bouquetins.

Aucune observation n'étant prévue ce soir, le long câble orange serpente sur les pierriers. Mais habituellement, ses 800 m de long sont tendus entre les montagnes. À 100 m au-dessus du sol, il porte la nacelle focale du gigantesque instrument avec lequel Antoine Labeyrie entend révolutionner l'astronomie.


"L'hypertélescope est un miroir géant en pointillé. En disposant de nombreux petits miroirs sur une surface imaginaire représentant un immense réflecteur sphérique, on peut produire des images aussi détaillées que celle qu'on aurait obtenue avec ce grand diamètre. Mais pour cela, il faut installer nos détecteurs là où convergent les faisceaux lumineux : à plusieurs dizaines de mètres de hauteur", explique l'astronome.

Ici, au sud de Barcelonnette, à la frontière des Alpes-Maritimes et des Alpes de Haute-Provence, il teste un prototype de 57 m de diamètre avec pour le moment deux miroirs espacés de 16 m.

Plus précis que Hubble

Un tel instrument, équipé de tous ses miroirs, serait théoriquement capable de voir des détails 20 fois plus fins que le télescope spatial Hubble ! Mais cet objectif nécessite une précision diabolique : un positionnement au millimètre pour la nacelle suspendue, à quelques microns près pour les petits miroirs les uns par rapport aux autres...


Le laboratoire d'Antoine Labeyrie, célèbre pour avoir rendu ses lettres de noblesse à l'interférométrie optique dans les années 1970, ce n'est pourtant pas une salle blanche où des ingénieurs gantés manipulent des pièces optiques comme des saintes reliques.

C'est ici, dans ce vallon de la Moutière perché à 2 000 m d'altitude, au milieu des marmottes et des chamois, que le professeur au Collège de France a choisi de s'installer [...].

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