Le journal de Thomas Pesquet (33) : Le goût de l'exploration

Chaque mois pendant plus de deux ans, Thomas Pesquet a dévoilé les coulisses de son entraînement aux lecteurs de Ciel & Espace. Désormais, il est à bord de l’ISS ! Dans ce trente-troisième épisode, l'astronaute nous parle d'exploration...

« Le goût de l'exploration, c'est vraiment le dénominateur commun de tous les astronautes. Je le vois dans l'oeil de mes collègues : si on demandait des volontaires pour aller sur Mars, je lèverais la main tout de suite... mais je ne serais pas le seul !

L'exploration spatiale m'intéressait déjà quand j'étais enfant. Les scaphandres, la navette spatiale, ça me faisait rêver. Bien sûr, je ne comprenais rien de ce qu'on y faisait, dans l'espace. Mais j'étais sensible à l'aspect romanesque de l'aventure. Etre un explorateur du monde, jusqu'à quitter carrément la planète, ça me parlait. Puis en grandissant, et en comprenant de plus en plus de choses – comment un avion pouvait rester en l'air, comment une navette pouvait voler dans l'espace – ça m'a intéressé de plus en plus.

Stars and city lights revolve and seem to form from a point behind the green atmosphere of our planet. #timelapse pic.twitter.com/6rMoUNuZla

— Thomas Pesquet (@Thom_astro) 29 avril 2017

On mêle deux types d'exploration dans le métier d'astronaute : l'exploration scientifique – à laquelle on participe en tant que cobaye ou en tant que super-technicien de laboratoire, dans un labo un peu spécial ! –, et aussi l'exploration humaine, dans le sens où nous vivons à la frontière de là où peut aller l'être humain. Fondamentalement, je pense qu'explorer c'est se rassurer. Nous sommes un peu comme des enfants qui habiteraient une maison au seuil d'une grande forêt. Longtemps, cette forêt inquiète. Et puis on grandit, on s'y aventure prudemment. On finit par l'explorer de fond en comble et elle devient un territoire familier. C'est ce que nous essayons de faire. Il y a un risque, bien sûr, mais il est bien géré. Et puis, si on ne sort pas de sa zone de confort, si on ne se met pas en danger, on ne peut pas vraiment avancer. Surtout, je suis convaincu que l'humain est très adaptable. La vie en orbite le prouve : mes collègues et moi vivons en apesanteur depuis des mois, avec la Terre en toile de fond, le Soleil qui se lève seize fois par jour, et ça nous paraît parfaitement normal ! C'est tout simplement que c'est notre quotidien...

Vers Mars

Dans dix ans, j'espère qu'on sera en route vers Mars, avec des projets de véhicules, des projets de mission solides. On avance. Je pense à la capsule Orion, qui volera peut-être avec des astronautes dès 2021. Dans cinquante ans, on sera sur Mars et dans un siècle je pense que nous y aurons une colonie permanente. Dire ça aujourd'hui, ce n'est pas faire de la science-fiction. Ca correspond à une réalité, à des projets qui existent dans les agences spatiales. »

Berthing #Cygnus to @Space_Station. A slow & precise procedure. Robotic arm controlled from @NASA_Johnson #timelapse https://t.co/5AwpcVWttG pic.twitter.com/SQwFW8n3YI

— Thomas Pesquet (@Thom_astro) 1 mai 2017

 

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