La fusée Electron réussit son premier vol

Premier décollage de la fusée Electron, le 25 mai 2017. Crédit : Rocket Lab.
Nouvelle venue dans le spatial privé, la société Rocket Lab a lancé pour la première fois sa petite fusée Electron depuis sa base aménagée en Nouvelle Zélande.

Les vents contraires qui soufflaient sur la Nouvelle Zélande ont fini par se calmer. Et la fusée Electron, vissée sur son aire de lancement depuis le 22 mai, a enfin pu s’élancer pour son premier vol d’essai. Ce 25 mai, à 16 h 20 locales, elle a quitté la péninsule de Mahia, en Nouvelle Zélande, comme prévu, propulsée par ses neuf moteurs Rutherford à oxygène et kérozène. En trois secondes, le petit lanceur de 17 m de haut pour 1,2 m de diamètre a dépassé la tour de lancement. Son premier étage a fonctionné pendant 2 minutes 30 secondes avant de se séparer et laisser le relai à l’unique moteur du deuxième étage pour une phase propulsée d’un peu plus de 5 minutes.

Un vol d’essai sans satellite

Pour ce premier lancement, la fusée emportait une charge inerte. Bien qu'elle ait atteint l'espace, il semble qu'elle n'ait pas réussi à se mettre sur orbite à la vitesse de 27000 km/h. Les différentes mises à feu et la séparation de la coiffe ont bien eu lieu. Rocket Lab, qui visait uniquement à récolter des données sur le lanceur pendant son fonctionnement, va devoir analyser ce qui s'est passé.

Le vol, d’une durée de 7 minutes 32 secondes, s’est malgré tout bien déroulé, ce qui marque l’entrée de la société Rocket Lab dans le club très fermé des entreprises privées capables de lancer des satellites en orbite.

Pas de vidéo en direct

Pour ce premier essai, Rocket Lab n’avait pas prévu de retransmission du lancement en direct. Selon son patron, l’ingénieur Peter Beck, interrogé par Jeff Foust, de Space News, l’équipe ne voulait pas risquer de compromettre la bande passante de la télémétrie avec une telle opération. La vidéo du lancement a été diffusée peu après, via Twitter. Pas davantage d’aires aménagées pour que le public puisse assister au décollage. Là, la préoccupation était la sécurité. Mais tout s’est bien passé. Et dès le prochain vol, qui pourrait intervenir d’ici un mois ou deux (la fusée est déjà construite), les images pourraient être diffusées en direct et un site pourrait être accessible au public à quelques kilomètres de la base.

Vers des lancements hebdomadaires

Rocket Lab prévoit encore deux lancements d’essai de sa fusée avant d’entamer son exploitation commerciale, peut-être à la fin de l’année. La société, fondée en 2006, compte expédier en orbite à 500 km des satellites de 150 kg pour un prix de 4,9 millions de dollars. En installant son aire de lancement en Nouvelle-Zélande, elle a choisi une région du monde relativement peu encombrée au niveau trafic aérien et fournissant un accès à des orbites aux inclinaisons variées, dont certaines peu coûteuses en carburant. Son objectif est d’arriver à lancer ses fusées en matériaux composites, petites et faciles à mettre en œuvre, une à deux fois par semaine et atteindre, à terme, une cadence de 120 lancements par an.

A terme, la société disposera aussi d’une aire de lancement au Kennedy Space Center, en Floride, et en Alaska.

Objectif Lune

Fin 2017, le premier vol opérationnel pourrait être à destination de la Lune. Electron doit en effet embarquer le petit module Moon Express, qui est l’un des concurrents dans la compétition Google Lunar X Prize.

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