La Chine affiche ses ambitions spatiales pour 2017-2022

Vue d'artiste d’une mission chinoise de retour d’échantillons lunaires. DR
Dans un livre blanc, la Chine a pour la première fois publié quels seront ses objectifs spatiaux pour les cinq prochaines années. Le document confirme les programmes déjà connus de station spatiale et d’exploration de la Lune et de Mars. Mais il met surtout l’accent sur l’ouverture aux coopérations internationales.

Ce 27 décembre 2016, le gouvernement chinois a diffusé pour la première fois un document qui décrit ses efforts en matière de développement spatial. Ce livre blanc intitulé « Les activités spatiales de la Chine en 2016 » revient sur les avancées réalisées depuis 2011 et indique les programmes engagés pour les cinq prochaines années.

Malgré tout, ce document ne donne pas beaucoup de détails sur des ambitions déjà affichées et connues.

La Lune et Mars toujours à l’affiche

Au chapitre « Exploration de l’espace profond », la Lune est confirmée à sa place d’objectif numéro un avec le lancement d’une sonde Chang’e 5 dans le second semestre de 2017. Celle-ci aura pour mission d’atterrir sur la face visible, de forer le sol et de réexpédier quelques kilogrammes de roches vers la Terre.

Ni le lieu visé ni la date exacte de la mission ne sont données. Une autre mission, Chang’e 4 (oui, l’ordre est inversé), devrait décoller avant la fin de 2018 pour se poser sur la face cachée. Il s’agit d’une réplique de Chang’e 3 qui, en 2013, avait déposé en douceur un rover dans le golfe des Iris, sur l’hémisphère visible de la Lune. Là encore, le site d’atterrissage n’est pas spécifié.

La Chine avait déjà dévoilé ses plans de sonde martienne. Elle les confirme dans le livre blanc puisque l’annonce est faite du lancement d’un rover en 2020. Comme pour la Lune, le site d’atterrissage n’a pas été révélé. 2020 sera donc une année très martienne avec trois rovers (un américain, un européen et un chinois) qui s’élanceront vers la planète rouge. Le document précise toutefois que la Chine compte bien développer la technologie nécessaire à collecter et rapporter sur Terre des échantillons martiens, un domaine dans lequel la France et les États-Unis avaient initialement des plans qui ont été abandonnés.

Enfin, les Chinois annoncent leur volonté d’explorer les astéroïdes mais aussi Jupiter. Quand la technologie le permettra, des missions de recherche de vie extraterrestre pourraient être lancées.

Une station spatiale tournée vers la Lune

En ce qui concerne les vols spatiaux habités, la Chine va poursuivre ses expériences de station spatiale. D’abord avec Tiangong 2. Ce module qui a reçu la visite de deux astronautes attend maintenant qu’un cargo automatique Tianzhou 1 vienne s’y amarrer. Aucune date n’est donnée mais cela devrait intervenir en 2017. De même, après la mission Shenzhou 11, aucun nouveau vol du vaisseau Shenzhou n’est annoncé. À plus long terme, l’objectif d’assembler une station plus grande est réaffirmé.

Si la Chine ambitionne également d’envoyer des humains sur la Lune, cet objectif n’est pas mentionné. Il y est fait allusion en une phrase indiquant que les progrès en matière de vols habités poseront les fondations pour l’exploration de l’espace cis-lunaire.

Des appels à la collaboration internationale

Outre le développement de nouveaux lanceurs (dont la fusée CZ-5, plus puissante qu’Ariane 5 ECA), la mise en place d’un système de géopositionnement (Beidou), d’une nouvelle base de lancement, de missions d’étude de la Terre et de la mise en place d’applications spatiales, la Chine affiche à plusieurs reprises sa volonté de coopérer avec d’autres pays.

Dès le préambule, le livre blanc insiste sur les visées pacifiques d’un programme spatial « au bénéfice de l’humanité tout entière ». Le bannissement des armes dans l’espace y est clairement indiqué. Et le souci d’éviter la prolifération des débris spatiaux aussi.

L’ouverture à la coopération du programme spatial chinois est également mise en avant. Elle fait l’objet de l’un des cinq grands chapitres du livre blanc. Sur ce plan, la Chine dit expressément vouloir se conformer au cadre des Nation Unies avant de rappeler les nombreuses collaborations déjà engagées (notamment avec l’Europe et la France).

Le chapitre se termine sur les « zones clés d’une future collaboration » dans lesquelles la Chine va se montrer encore plus ouverte dans les cinq années à venir : l’observation de la Terre, le positionnement par satellite, la Lune, Mars, les vols habités (avec la possibilité pour un partenaire d’adjoindre un laboratoire à la future station chinoise !), les sciences spatiales, la météo spatiale (les tempêtes solaires), l’élaboration de lois sur l’espace, etc.

Il faut rappeler que, malgré ses avancées considérables en la matière, la Chine est restée interdite de toute collaboration à la station spatiale internationale (ISS) en raison d’un véto américain concernant des technologies de défense. Ce document contient tous les appels du pied nécessaires à une ouverture sur ce terrain. Pourtant, avec l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, les raisons d’un rapprochement entre les programme spatiaux chinois et américains n’ont jamais été aussi ténues.

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