Deux super-Terre dans une zone habitable

Une vue d'artiste du système extrasolaire Kepler 62, vu depuis la planète Kepler 62f. Les quatre autres planètes sont représentées, ainsi que l'étoile légèrement rouge. Crédit : Danielle Futselaar/SETI Institute.

Le satellite Kepler, de la Nasa, vient de débusquer un système planétaire remarquable constitué de cinq planètes, dont deux sont dans la zone habitable.

Une pépite pour l'exobiologie

Retenez ce nom : Kepler 62. C'est ainsi qu'est baptisé le système extrasolaire le plus prometteur pour les exobiologistes. Il est situé autour de l'une des 150 000 étoiles surveillées par le satellite de la Nasa Kepler. En tout, cinq planètes ont été découvertes autour de l'étoile Kepler 62.

Or, les deux planètes les plus externes, Kepler 62e et Kepler 62f, qui ont des périodes de révolution de 122 et 267 jours, sont dans la zone habitable de leur étoile. Autrement dit, elles se trouvent chacune sur une orbite où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, ce qui peut éventuellement permettre l'existence d'eau sous forme liquide. Or cette condition est considérée comme nécessaire pour le développement de la vie.

Les deux planètes tournent plus vite que la Terre autour du Soleil certes, mais leur étoile est moins chaude que la nôtre. Elle est un peu plus rouge (type K) et sa masse est de 0,69 fois celle du Soleil.


Vraiment habitable ?

Lorsque l'on indique qu'une planète est dans la zone habitable, l'expression est à prendre avec des pincettes. Cela signifie qu'elle peut avoir de l'eau liquide à sa surface, mais ce n'est pas une certitude. Kepler 62e reçoit l'équivalent de 1,2 fois le flux solaire reçu par la Terre, et Kepler 62f 0,4 fois.

En fait, la présence d'eau dépend de la densité de la planète et de la composition de son atmosphère. Hélas, ces deux paramètres sont encore inconnus. On sait que Kepler 62f a une taille de 1,4 fois celle de la Terre et Kepler 62e, de 1,6 fois celle de la Terre.

Pour avoir une idée de leur composition, il faudrait mesurer leur densité. On obtient ce paramètre avec des télescopes au sol (par la méthode des vitesses radiales). Cependant, les planètes concernées, trop peu massives, ont un effet indétectable avec les moyens actuels. Et leur éloignement (850 années-lumière) ne permet pas non plus de caractériser leur atmosphère.

Allo ?

Depuis la découverte de la première planète autour de Kepler 62, ce système a été mis sur écoute par le programme Seti, en décembre 2011, dans l'espoir de trouver un improbable signal radio extraterrestre. Les chercheurs utilisent pour cela le réseau de radiotélescopes Allen en Californie. Un reportage lui est consacré dans le numéro d'avril de Ciel & Espace, actuellement en kiosques.

Pour le moment, 11% des fréquences entre 1 et 10 GHz ont été scannées... sans résultat. Les probabilités d'une détection sont faibles. Mais le système de Kepler 62 s'est formé il y a 7 milliards d'années. Si la vie est apparue ici, elle a eu le temps nécessaire pour éventuellement évoluer vers une forme intelligente. Par comparaison, le Soleil s'est formé il y a 4,6 milliards d'années.

La vue ci-dessous montre la position relative des planètes du système Kepler 62 par rapport à leur étoile.
La proportion de taille entre les planètes est également indiquée. © JL Dauvergne / C&E

Trois compagnons

Les trois autres planètes sont bien plus proches de l’étoile que Kepler 62e et Kepler 62f. La plus étonnante est Kepler 62c : moitié plus petite que la Terre, elle boucle une révolution en seulement 12 jours. Une autre planète est encore plus proche de l'étoile, c'est Kepler 62b. Sa taille est de 1,3 fois celle de la Terre et elle tourne en seulement 6 jours. Enfin Kepler 62d tourne en 18 jours, et elle est 1,95 fois plus grosse que la Terre.

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