Des volcans sous-marins sur Encelade?

La sonde Cassini a détecté de l’hydrogène dans les panaches de gaz et de glace éjectés des profondeurs d'Encelade, l’une des plus gros satellites de Saturne. Or, la présence de cet élément s'explique bien par l'existence d’une activité géothermique sous-marine.

Le 28 octobre 2015, la sonde américaine Cassini, qui étudie le système de Saturne depuis 2004, a traversé un geyser d'Encelade. Le spectromètre de bord INMS (Ion and Neutral Mass Spectrometer) y a détecté de l'hydrogène moléculaire (H2).

L'hydrogène, abondant et rare à la fois

Si l’hydrogène est l'élément le plus abondant de l'Univers, il est rare de le trouver à l'état natif sur un satellite. Comme c'est un élément très léger, il est en effet difficile à retenir. Les planètes géantes Saturne et Jupiter sont si massives qu'elles sont entourées d'une épaisse couche d'hydrogène. Mais ce n'est pas le cas de la Terre, où l'hydrogène naturel est difficile à trouver, et a fortiori sur les corps encore moins massifs, comme le satellite Encelade.

Volcanisme sous-marin

« L'hydrogène avait déjà été détecté auparavant sur Encelade, précise Olivier Grasset, directeur-adjoint du Laboratoire de planétologie et géodynamique de l'université de Nantes. Mais nous ne savions pas s'il était naturel ou s'il s'agissait d'un artefact : le produit de la dissociation d'autres éléments, au sein même de nos instruments. » Et l’astronome enchaîne : 

Ce nouveau résultat montre sans ambiguïté que cet hydrogène est d'origine naturelle. Puisqu’Encelade est trop petit pour le retenir, celui détecté par Cassini doit être produit en permanence. Probablement — mais c'est encore à confirmer — par de l'hydrothermalisme.

Cette découverte suggère donc que, sur le plancher de l'océan sous-glaciaire d'Encelade, l'eau et la roche interagissent via des cheminées hydrothermales — sortes de petits volcans sous-marins, que l'on rencontre aussi dans les océans terrestres.

L'hydrogène produit par ce phénomène réagit ensuite avec le dixoxyde de carbone (CO2) dissous dans l'eau, en formant du méthane. Or, le méthane est une source d'énergie pour les organismes terrestres dits méthanogènes.

Aucune preuve de vie sur Encelade

Faut-il en conclure qu’Encelade est habitable ? « Les quantités d'hydrogène détectées par Cassini sont cohérentes avec les quantités de méthane détectées précédemment dans les panaches d'Encelade, répond Olivier Grasset. Ce qui renforce la théorie de l’hydrothermalisme, qui crée de l'hydrogène, qui lui-même crée du méthane. Certes, c'est plutôt propice à la vie, mais celaa ne signifie en aucun cas qu’il y a de la vie sur Encelade ! »

Recevez Ciel & Espace pour moins de 6€/mois

Et beaucoup d'autres avantages avec l'offre numérique.

Voir les offres

Nous avons sélectionné pour vous

  • Méthane martien : Curiosity relance le débat

    La nouvelle détection de méthane dans l’atmosphère de Mars par le robot Curiosity relance le débat sur l’origine de ce gaz : celle-ci est-elle biologique ou non ? Les scientifiques cherchent toujours à comprendre quel mécanisme peut le produire, mais aussi pourquoi il « s’évapore » partiellement en fonction des saisons.

  • Jumelles Omegon 2,1x42 : des « yeux de hibou » au banc d’essai

    Un type nouveau de jumelles surnommé « yeux de hibou » — grand diamètre, faible grossissement — fait sensation pour observer la Voie lactée. Nous avons testé le récent modèle de la marque Omegon et l’avons comparé aux jumelles Kasai et Vixen, testées en mars 2017. Avec des résultats surprenants, au regard des écarts de prix …

  • Un quart de Mars pris dans la tempête

    La Nasa a annoncé que la tempête géante qui s’abat sur Mars depuis le 1er juin2018 recouvre maintenant près d’un quart de la planète rouge. Dans le nuage de poussière, Opportunity est en mode « survie ».