Découverte d’une planète de métal en fusion

Vue d'artiste de la planète Kepler 10b. Crédit : Nasa

Grâce au satellite américain Kepler, les astronomes ont découvert à 560 années-lumière, dans la constellation du Cygne, une extraordinaire planète extrasolaire solide. Avec un diamètre égal à 1,4 fois celui de la Terre, Kepler 10b (c'est son nom) est forcément rocheuse. Mais sa masse 4,6 fois supérieure à celle de notre planète, sa densité est celle... du bronze !

Une planète collée à son étoile

Kepler 10b a été repérée dès le mois de mai 2009 autour d'une étoile de masse et de taille similaires au Soleil, mais âgée de plus de 11 milliards d'années (contre 4,5 pour le Soleil), à une distance de 560 années-lumière.

Le satellite Kepler a enregistré que la luminosité de l'étoile, appelée Kepler 10, baissait très légèrement tous les 0,84 jour, signe qu'une planète passait devant elle en suivant cette période. Chacun peut d'ailleurs découvrir des exoplanètes en fouillant dans les données du satellite Kepler par le biais du site Planethunters.org.

Les lois de la mécanique céleste ont permis de calculer que cette planète se trouve à une distance de son étoile 20 fois moindre que Mercure ne l'est du Soleil : seulement 4,4 millions de km. Pour comparaison, la Terre gravite à 150 millions de km du Soleil. Kepler 10b est la deuxième planète dont les astronomes sont sûrs qu'elle est tellurique après Corot 7b.

Plusieurs autres exoplanètes rocheuses devraient être découvertes grâce au satellite Kepler.

Un monde de métal en fusion

Kepler 10b est donc un monde surchauffé dont l'hémisphère éclairé est porté à une température de 2500°C. Avec une telle chaleur, les gaz se sont vite échappés dans l'espace, comme c'est le cas pour les planètes gazeuses soumises à des conditions similaires. Mais en plus, les silicates (les roches) se sont aussi « évaporés » depuis longtemps. Il ne reste donc que les métaux, qui sont les éléments les plus lourds.

La planète affiche une masse volumique record de 8,8 g/cm3, soit celle du bronze ! Dans le Sytème solaire, Mercure détient le record avec 5,4 g/cm3.

La surface exposée à la lumière de l'étoile doit ressembler à un champ de lave. Sauf que le fluide est du métal et non pas de la roche. L'hémisphère nocturne doit être plus froid et peut-être en partie solidifié. Il s'agit d'un enfer sur lequel aucune forme de vie n'a évidemment la moindre chance d'exister.

La vidéo ci-dessous permet de se faire une idée de l'aspect supposé de cette planète :

Une planète énigmatique

Reste à comprendre la véritable nature d'un tel astre. S'agit-il d'une grosse planète tellurique qui aurait perdu ses roches à cause de la chaleur de son étoile ? Est-ce le cœur d'une géante gazeuse qui a été dépouillée de tous ses éléments légers par le rayonnement stellaire ? Ou est-ce une planète d'un genre nouveau, qui s'est formée uniquement à partir d'éléments très lourds dans le voisinage immédiat de son étoile ?

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