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N° 448 - 09/2007

Edito
  • L'armée française exhibe Graves, son radar traqueur de satellites
  • Chili : Alain Maury, le Français qui montre le ciel
  • Le climat de la terre a-t-il déjà varié?
  • Dans l'intimité du VLT
  • Redonnez vie à votre miroir
  • Exoplanètes : bagarre autour d'un point d'eau
  • Vesta frôle Jupiter
  • Journées du patrimoine : l'espace créatif
  • Big rip, le jour où l'Univers se déchirera
  • Le 26 avril 1803, "Il pleut des pierres sur L'Aigle"
  • Corot passe les exoplanètes à la loupe
  • Les pulsars, 40 ans de mystères
  • Des rivières d'étoiles autour de la Voie lactée
  • Richard Texier : "L’astronomie a nourri mon inspiration"
  • Garder la tête froide dans les étoiles


Gerard Hüdepohl, dans l'intimité du VLT

Photographe amateur de talent, Gerard Hüdepohl travaille à l'observatoire du mont Paranal au Chili depuis son ouverture. Une situation privilégiée qui lui a permis de dresser un portrait inédit du Very Large Telescope.

Le Piper Cherokee décolle de l'aéroport d'Antofagasta, au Chili, et met le cap plein sud vers le mont Paranal. Objectif de Gerard Hüdepohl, son pilote : immortaliser le Very Large Telescope (VLT) depuis le ciel. Voilà maintenant 10 ans que ce quinquagénaire d'origine allemande le photographie sous toutes les coutures. Aujourd'hui, il connaît l'observatoire où il est responsable du groupe électronique mieux que personne : "Avec 10 ans de présence, je suis le plus ancien à Paranal", précise-t-il. Une telle longévité est rare au sommet. Le lieu fait rêver, mais il faut un tempérament bien trempé - calme et solitaire - pour séjourner, deux semaines par mois, isolé au milieu du désert le plus aride de la planète. "Après toutes ces années passées au VLT, je garde la même fascination pour cette machine à observer les étoiles", confie-t-il.
Quand il ne photographie pas le VLT, Gerard Hüdepohl arpente la cordillère des Andes en 4 x 4, en avion ou à pied. Il grimpe sur des sommets dépassant souvent les 5 000 m d'altitude. C'est dans ces paysages grandioses qu'il s'adonne pleinement à sa passion pour la photographie. "Je tiens ce virus de mon père : lorsqu'il changeait d'appareil, je récupérais l'ancien modèle." Il possède aujourd'hui une collection de photographies d'une incroyable richesse. Voici une sélection de ses plus beaux clichés du VLT. De son VLT intime.




Exoplanètes : Bagarre autour d'un point d'eau

On s'y attendait. L'eau étant l'un des éléments les plus abondants de l'Univers, il était raisonnable d'émettre l'hypothèse qu'elle devait se trouver, sous forme de vapeur, dans l'atmosphère des planètes extrasolaires de la catégorie des "Jupiter chauds". Mais encore fallait-il en avoir la preuve. Giovanna Tinetti, doctorante à l'Institut d'astrophysique de Paris, affirme y être parvenue. Dans un article publié dans la revue Nature, elle et son équipe annoncent en effet avoir détecté de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de la planète HD 189 733 b, située à 63 années-lumière dans la constellation du Petit Renard. Et ce, en interprétant des observations faites avec le télescope spatial Spitzer. "Il suffit de mesurer le rayon de la planète dans plusieurs longueurs d'onde quand elle transite devant son étoile, explique Alain Lecavelier. Si, à la longueur d'onde où l'eau absorbe le rayonnement de l'étoile, et donc le bloque, le rayon apparaît plus grand (car la quantité de lumière éclipsée est plus importante), c'est que l'on tient notre preuve." Alain Lecavelier est également astronome à l'IAP. Mais, tout comme David Ehrenreich, Jean-Michel Désert, François Bouchy et plusieurs autres chercheurs, il a décidé, au dernier moment, de retirer sa signature du papier publié dans Nature : "En analysant les données de plus près, nous nous sommes aperçus que les mesures étaient bien trop imprécises pour en tirer des conclusions fiables sur la présence de vapeur d'eau, explique-t-il. Nous avons donc demandé à Giovanna de retarder sa publication le temps de faire d'autres analyses, mais elle a préféré publier immédiatement malgré nos réticences. Nous avons donc décidé de ne pas signer le papier." "Je ne suis que théoricienne, avoue l'intéressée. Mais l'analyse des données, faite par d'autres chercheurs, notamment Jean-Philippe Beaulieu, ne laisse pour moi aucun doute : nous avons détecté l'eau sur HD 189 733 b." En avril dernier, Travis Barman, de l'observatoire Lowell (Californie) avait aussi clamé avoir détecté de la vapeur d'eau sur une autre exoplanète à transit : HD 209 458 b. Depuis, nombre de chercheurs ont mis ses conclusions en doute, arguant que les mesures étaient trop imprécises. Parmi ses détracteurs figurait notamment... Giovanna Tinetti. Pour une preuve indiscutable de la présence d'eau sur une planète extrasolaire, il va falloir patienter encore un peu.

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