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N° 450 - 11/2007

- Le tueur des dinosaures venait de la Ceinture d'astéroïdes
- Mars approche
- Après les nouvelles photos de Cassini : l'énigme Japet
- Réalisez des filés d'étoiles en numérique
- Explor'espace : en route pour l'aventure
- Sept observatoires du futur pour l'Antarctique
- Les meilleurs façons de faire des exoplanètes
- Yves Carrière : Le business et la lunette
- Le Very Large Telescope est au complet
- Pourquoi la Lune est-elle "couchée" à l'équateur ?
- Astronomes d'Harvard : ils vont sauver des observations historiques
- Rencontre avec Coralie Neiner, prix Jeunes chercheurs de la SF2A
- Internautes, le Zoo galactique a besoin de vous
- Wes Higgins : Des photos "alunissantes"
Le tueur des dinosaures venait de la ceinture d'astéroïdes
Soixante-cinq millions d'années après le crash sur Terre du fameux astéroïde qui aurait entraîné la disparition des dinosaures (1), une équipe américano-tchèque affirme être remontée à l'origine du tueur. Selon ces astronomes, le bolide serait né d'une gigantesque collision survenue 100 millions d'années auparavant dans la Ceinture d'astéroïdes, située entre Mars et Jupiter, entre un objet de 170 km de diamètre et un autre de 60 km. Le cataclysme aurait créé une multitude de fragments (300 de plus de 10 km et 140 000 de plus de 1 km), dont l'un d'entre eux aurait pris le chemin de notre planète.
Pour seul indice, les scientifiques disposaient au départ du cratère laissé par le bolide sur la péninsule du Yucatan (Mexique) : son diamètre suggère un astéroïde de 10 km et les analyses du sol, un objet composé essentiellement de carbone. Il ne leur en fallait pas plus. En utilisant les observations du relevé céleste du Sloan Digital Sky Survey, l'équipe identifie dans la Ceinture d'astéroïdes une famille d'objets, les Baptistina (du nom du plus gros d'entre eux) ayant tous la même orbite et la même nature carbonée. Pas de doute : ils sont nés d'une même collision entre deux énormes astéroïdes. Pour en avoir le coeur net, les astronomes reconstituent très finement par ordinateur les mouvements de chaque rocher, soumis à la fois au chauffage du Soleil et aux perturbations gravitationnelles des planètes. Remontant ainsi dans le temps, ils arrivent à la conclusion que le choc s'est produit voilà 165 millions d'années. Que 20 % des morceaux, pris au piège dans une résonance entre Mars et Jupiter, ont fini par quitter la Ceinture d'astéroïdes en une centaine de millions d'années. Et que 2 % d'entre eux ont heurté la Terre (2), dont un seul suffisamment massif pour y provoquer de gros dégâts. Autre preuve de ce qu'ils affirment : le cratère lunaire Tycho, de la même époque, serait lié lui aussi à l'événement.
Ce résultat marque une étape importante dans l'étude des impacts terrestres. "Cela confirme l'idée que les collisions les plus violentes sont associées à des astéroïdes, et non à des comètes originaires des confins du Système solaire", souligne ainsi Patrick Michel, de l'observatoire de la Côte d'Azur. Et déjà, une autre famille d'astéroïdes est montrée du doigt, celle de Flora, pour expliquer une pluie de météorites survenue voici 250 millions d'années et qui a laissé des traces sur Mars. La chasse aux astéroïdes ne fait que commencer.
(1) Le rôle exact de l'astéroïde dans cette disparition est encore discuté. Pour les uns, il en serait la cause principale. Pour les autres, il ferait partie d'une série d'événements catastrophiques aboutissant à la mort des animaux.
(2) Le reste a fini sa course dans le Soleil, sur Mars, Mercure, Vénus, ou bien encore en dehors du Système solaire.
Les meilleures façons de faire des exoplanètes
Peut-on déduire la composition d'une planète en connaissant uniquement sa masse et son rayon ? Autrement dit, au-delà de la division entre géantes gazeuses et planètes telluriques, un détecteur de transits planétaires comme le satellite français Corot saurait-il aujourd'hui distinguer une planète-océan d'une planète dotée d'un sol ferme ? Ou une bille de fer d'une boule de neige carbonique ? "Tout à fait !" répond Sara Seager, du Massachusetts Institute of Technology. Avec trois collègues, la chercheuse a calculé le rayon qu'aurait une planète solide d'une masse donnée en fonction de sa composition. "Pour peu que le rayon et la masse de la planète soient connus à 5 % près, on peut très bien faire la différence entre une planète de fer, une planète de silicates comme la Terre ou une planète de glace", assure-t-elle. Les planètes de glace - d'une taille double de celle d'une planète ferreuse ou supérieure de 25 % à celle d'une planète de silicates - pourraient d'ailleurs figurer parmi les premières exoplanètes solides détectées par Corot.
Pour son étude, l'astrophysicienne a sciemment ignoré le scénario standard de formation des planètes, selon lequel les exoplanètes les plus massives ne peuvent être que des géantes gazeuses ne possédant au mieux qu'un cœur solide de 10 masses terrestres. Elle s'est ainsi intéressée à d'hypothétiques planètes solides 4 000 fois plus massives que la Terre (13 fois la masse de Jupiter !). Après tout, autour de l'étoile HD 149026, n'a-t-on pas d'ores et déjà découvert une géante gazeuse nantie d'un cœur solide de 70 masses terrestres ? Sara Seager a aussi pris en compte d'autres matières premières que celles qui figuraient dans la nébuleuse protosolaire. "Des planètes carbonées pourraient se former dans des disques protoplanétaires où, contrairement au Système solaire, l'abondance initiale d'oxygène est plus faible que celle du carbone. C'est le cas autour de l'étoile Bêta Pictoris", souligne la chercheuse. Ces étranges planètes de graphite, de gaz carbonique gelé ou de carbure de silicium existent-elles ? Si c'est le cas, la tâche des astronomes se complique. Car leur silhouette ressemble bigrement à celle des planètes "classiques" ! "Pour les distinguer les unes des autres, nous devrons étudier leur atmosphère", prévient Sara Seager. Et ça, ni Corot ni son concurrent américain Kepler ne pourront le faire...


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