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Couverture Magazine

N° 453 - 02/2008

Edito
  • Page 8
    Antonio Fernandez, chasseur de ciel unique
  • Page 16
    Messenger dévoile le nouveau visage de Mercure
  • Page 22
    Sursaut Gamma dans M31
  • Page 26
    Le nouveau défi : Voir une planète cachée dans l'éclat de son soleil
  • Page 28
    Supernova de Kepler : L'explosion stellaire qui défie toujours les astronomes
  • Page 32
    Une gravité modifiée chasse la matière noire
  • Page 36
    Un oeil géant pour l'infrarouge
  • Page 38
    Voyage au cœur d'un trou noir
  • Page 54
    Des insectes robots pour explorer Mars
  • Page 58
    Observatoire lunaire ou télescope spatial : Qui est le meilleur ?
  • Page 64
    Le ciel n'est-il qu'une hypothèse ?
  • Page 70
    Les observatoires du vertige
  • Page 78
    Saturne au plus près
  • Page 88
    Éclipse totale de Lune, dernier grand cru avant 2015
  • Page 98
    Jean Malaurie, un ciel à visage humain


Antonio Fernandez, chasseur de ciel unique

L'astronome amateur espagnol Antonio Fernandez traque les plus fines extensions des nébuleuses et des galaxies. Son but : offrir un regard nouveau sur des astres pourtant déjà connus.

Quand Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune, en 1969, Antonio Fernandez avait 10 ans. Pourtant, contrairement à de nombreux astronomes amateurs de la même génération, ce n'est pas cet événement qui a suscité son engouement pour les astres. "C'est en regardant la série télévisée ‘Cosmos', de Carl Sagan, qu'est née ma passion pour l'Univers, et que j'ai été poussé vers une approche plus sérieuse de l'astronomie", confie ce Madrilène.
C'était au début des années 1980 et Antonio réussit alors à se procurer une lunette de 80 mm de diamètre, sur une "très petite monture équatoriale". Mais dix ans plus tard, après avoir fabriqué son propre télescope (un Newton de 150 mm, qu'il baptise Sir Isaac), il se détourne de l'observation visuelle pour la photographie. "Je voulais voir davantage que des objets faibles et flous", justifie-t-il.

Aujourd'hui médecin pour un grand groupe pharmaceutique, Antonio Fernandez poursuit un but en tant qu'astrophotographe : réaliser des images plus profondes et révéler des structures peu évidentes à voir. "Dans la plupart des cas, c'est ce qui rend unique et différente une image d'astre bien connu", considère-t-il. Pour cela, il transporte régulièrement ses instruments à l'observatoire de La Hita, réservé aux astronomes amateurs, à une centaine de kilomètres au sud de Madrid. Cet hiver, son télescope de 250 mm et sa lunette de 106 mm seront tournés vers la constellation de la Licorne, où il espère mettre au jour de nouveaux trésors.



Sursaut gamma dans M31

"C'est la première fois que les détecteurs d'ondes gravitationnelles apportent une information significative en astrophysique." Même s'il est l'un des piliers d'une expérience concurrente (1), Alain Brillet ne cache pas sa satisfaction à l'annonce du résultat de Ligo : le sursaut gamma GRB 070201, fantastique explosion repérée en direction de la galaxie d'Andromède (M 31) le 1er février 2007, n'a émis aucun signal détectable par l'observatoire d'ondes gravitationnelles américain. Voilà qui semble exclure une fusion d'étoiles à neutrons ou de trous noirs stellaires, une hypothèse longtemps privilégiée pour expliquer l'origine des sursauts gamma.
"Le jour de l'explosion, Ligo était assez sensible pour détecter une fusion d'étoiles à neutrons (a fortiori de trous noirs) jusqu'à 60 millions d'années-lumière", explique son porte-parole Dave Reitze. Si l'instrument n'a rien vu, bien qu'il soit capable de déceler une déformation de l'espace équivalant à moins d'un millième de la taille d'un noyau d'atome, c'est donc que le sursaut gamma n'avait rien à voir avec une fusion, ou qu'il était bien plus éloigné que M 31 (à 2,5 millions d'années-lumière), ou encore qu'il était mal orienté. Mal orienté ? Il est vrai que l'émission d'ondes gravitationnelles par un couple d'astres compacts n'est pas isotrope. La malchance a pu faire qu'elle ait été nulle ou très faible dans la direction de Ligo.
C'est toutefois peu probable... Beaucoup plus éloigné ?
Ce n'est pas impossible mais, là aussi, la chance est mince de voir se produire un sursaut gamma justement dans l'axe des bras spiraux d'Andromède. Un astronome ne s'y fierait pas... Reste alors l'idée que le sursaut gamma n'avait rien à voir avec une fusion.
"Il s'agit sans doute d'un ‘soft gamma repeater', j'en mettrais ma tête à couper", soutient l'astrophysicien Jacques Paul (2). Imaginés il y a quelques années pour expliquer certains sursauts, les répétiteurs gamma sont des étoiles à neutrons particulières. Cent fois plus magnétisés que leurs consœurs, ils émettent de puissantes bouffées gamma, de façon erratique, à l'occasion de
tremblements de leur croûte de fer. Ce sont des objets rares - on n'en connaît
que trois dans notre galaxie - mais ils restent beaucoup plus abondants que les couples compacts en train de fusionner ! D'ailleurs, "avant GRB 070201, avec Ligo, on ne s'attendait à détecter qu'une fusion par siècle dans l'Univers", admet Dave Reitze. Il semble qu'il faille encore attendre... sans doute jusqu'à la prochaine génération de détecteurs d'ondes gravitationnelles, d'ici cinq à dix ans.

(1) Virgo, l'observatoire franco-italien d'ondes gravitationnelles.
(2) Chercheur au Commissariat à l'énergie atomique et au Laboratoire astroparticule et cosmologie.

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